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10 M€ de chiffre d'affaires et une belle croissance : les secrets de Gallus, pépite de la menuiserie extérieure

10 M€
chiffre d'affaires
34
collaborateurs
8 000
menuiseries posées par an
Sommaire

Portrait

Nom
Ernest Mouangue
Entreprise
Gallus
Fonction
Directeur Général

En résumé

Ernest Mouangue, directeur général de Gallus, a rejoint cette PME de menuiserie extérieure installée à Chelles en 2021. En cinq ans, l'entreprise a connu une belle croissance, atteignant 10 M€ de chiffre d'affaires et réunissant 34 collaborateurs : ingénieurs, architectes, conducteurs de travaux et experts de l'exécution sur chantier. Dans un secteur du BTP en crise, il raconte une croissance fondée sur l'exigence, la formation des équipes, la solidité financière et la conviction que le bâtiment fonctionne par cycles.

De responsable travaux à directeur général : l'histoire d'une association gagnante

Comment vous êtes-vous retrouvé à prendre la direction de Gallus ?

J'avais cette fibre entrepreneuriale depuis longtemps, l'envie de me lancer. Quand j'occupais un poste de responsable travaux chez Bouygues Construction, je voyais Gallus, fondée cinq ans auparavant par mon futur associé, avec un potentiel fort mais difficile à développer seul. En 2021, on s'est associés avec un objectif commun : faire croître l'activité de manière significative. On partait de 800 000 € de chiffre d'affaires, on visait 2 millions. La réalité a largement dépassé nos projections.

Aujourd'hui, Gallus a dix ans d'existence. Nous sommes une équipe de 34 personnes, composée d'ingénieurs, d'architectes et d'ouvriers sur chantier, pilotée par quatre associés. Ma mission couvre le commercial, le bureau d'études et le développement.

Comment votre rôle a-t-il évolué depuis vos débuts ?

Au départ, nous étions trois et nous faisions tout. Au fur et à mesure de la croissance, il a fallu recruter, puis manager et former. La menuiserie extérieure est assez complexe : on a tendance à penser que ce sont « juste des fenêtres », mais c'est un métier très technique qui nécessite des équipes pointues. Aujourd'hui, mon quotidien est davantage consacré au management et au développement. Sans chiffre d'affaires, il n'y a pas d'entreprise : c'est un principe que je ne lâche pas.

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crédit photo : ©Jeremy Moeung

« On installe un produit fini en début de chantier » : les coulisses d'un métier exigeant

Qu'est-ce qui rend la menuiserie extérieure si complexe ?

Nos clients sont des promoteurs immobiliers et des entreprises générales : Demathieu Bard Immobilier, Icade, Nexity, Bouygues Immobilier, le groupe Vinci… Ce sont des donneurs d'ordre exigeants, et chaque opération est du sur-mesure absolu. Une fenêtre posée sur un bâtiment n'est jamais identique à une autre. Il faut maîtriser les performances thermiques et acoustiques, les types de pose, les contraintes d'étanchéité, et respecter l'ensemble des normes environnementales en vigueur.

Ce qui complexifie encore la chose, c'est que nos menuiseries sont posées en gros œuvre, c'est-à-dire en début ou en milieu de chantier. Nous posons un produit fini dans une phase où le bâtiment est encore en début de construction. Et comme c'est du sur-mesure, si une commande est erronée, tout part à la poubelle. Une commande de 200 fenêtres représente environ 300 000 €. Nous n'avons aucune possibilité de couper ou de récupérer quoi que ce soit. C'est ce qui impose un niveau de rigueur absolu à toute la chaîne :

  • la prise de mesures ;
  • la conception et le chiffrage ;
  • la commande auprès du fabricant ;
  • la livraison et le stockage ;
  • la pose sur chantier.

Et la réhabilitation, c'est encore un niveau de complexité supplémentaire ?

Absolument. En réhabilitation, la contrainte est humaine autant que technique. Quand nous intervenons dans un logement occupé, le matin nous devons déposer l'ancienne menuiserie, et le soir la nouvelle doit être posée pour que le locataire puisse rentrer chez lui. Nous travaillons en milieu dense, au cœur des villes, avec des problématiques de stockage considérables. Changer 2 500 fenêtres, c'est un monde à part entière.

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©Jeremy Moeung

Une opération emblématique : la plus grande réhabilitation de Paris

Quel est le chantier dont vous êtes le plus fier ?

En 2023, nous avons réalisé la plus grande opération de Paris, pour GTM, le groupe Vinci. C'était un marché de 6,5 millions d'euros, sur deux ans, avec 2 500 menuiseries à déposer et à reposer. Quatre équipes étaient mobilisées en rotation, en plein Paris, avec toutes les contraintes que cela implique. Cette opération nous a ouvert des portes et nous a permis de nous affirmer comme un acteur de référence dans notre secteur.

Nous travaillons aussi sur un chantier à Arras, sur un site classé monument historique : un ancien couvent transformé en logements et en résidence senior. Une opération emblématique avec notre client ACAPE et le maître d'œuvre Nodelya. C'est exactement le type de réalisation qui illustre notre savoir-faire : réhabiliter un patrimoine remarquable avec des menuiseries sur mesure, dans le respect des contraintes architecturales et environnementales les plus strictes.

Nous couvrons l'Île-de-France mais aussi les Hauts-de-France, jusqu'à Lille. Nos clients nous emmènent là où se trouvent leurs opérations.

Face à la crise : « On n'est pas du genre à rester au bureau à pleurer »

Comment vivez-vous la crise actuelle du secteur ?

L'immobilier subit l'une des pires crises depuis plus de 50 ans. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers. Les taux d'intérêt élevés ont bloqué les achats, les maîtres d'ouvrage n'arrivent plus à vendre et les opérations se font rares. Pendant ce temps, les matières premières continuent d'augmenter. Résultat : les projets coûtent plus cher, et les acheteurs se font rares. Parmi nos concurrents directs, j'ai en tête cinq entreprises qui ont déposé le bilan ces dernières années.

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©Jeremy Moeung

Comment vous en sortez-vous malgré tout ?

Nous n'allons pas rester au bureau à pleurer parce que c'est la crise. Si ça va mal, nous réagissons immédiatement et nous cherchons une solution. Nous travaillons plus que les autres, nous nous déplaçons sur les opérations et nous accompagnons nos clients.

Nos équipes restent mobilisées et soudées pour traverser cette période difficile, et je les en remercie sincèrement. Je remercie également nos clients pour leur confiance et leur fidélité. Dans les moments de crise, la solidarité entre partenaires est essentielle.

En période de crise, ils ont encore plus besoin d'être rassurés. Ils ont peur de confier un marché à une entreprise qui déposerait le bilan dans six mois. C'est pour cela que nous avons invité la Banque de France dans nos locaux afin qu'elle évalue notre solidité financière. Une bonne notation rassure les donneurs d'ordre.

Transformation et innovation : une évolution du business model

Qu'est-ce qui a fondamentalement changé depuis vos débuts ?

Beaucoup de choses ont évolué, à commencer par notre métier. Cette transformation est le fruit d'un travail collectif et d'une formidable aventure humaine. Aujourd'hui, nous assurons la fourniture et la pose des menuiseries : c'est le modèle du négoce-étude-exécution.

Dès le départ, nous avons fait le choix de la fabrication française. Des fournisseurs polonais, serbes et turcs nous ont proposé des menuiseries moins chères, mais nous avons toujours refusé. La France possède une belle industrie de la menuiserie, qui mérite d'être davantage mise en lumière. Elle propose des produits à la pointe de la technologie, avec une attention particulière portée aux matériaux : aluminium recyclé à 80 %, bois issu de forêts françaises et PVC recyclé à 70 %. Nos clients sont sensibles à ces engagements, et nos partenaires nous accompagnent dans cette aventure que nous construisons ensemble.

Nous avons également beaucoup investi dans le digital. Nous développons en interne des applications adaptées à notre métier, intégrant l'intelligence artificielle, pour suivre nos opérations de bout en bout. Pour la gestion, nous avons adopté un ERP réunissant le chiffrage, la comptabilité et l'analyse de notre activité. C'est une transformation d'ampleur, mais indispensable pour piloter une entreprise de notre taille.

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©Jeremy Moeung

« Chaque matin, mets ton ego dans le placard »

En trois mots, c'est quoi l'esprit de Gallus ?

Travail, engagement, bien-être. Nos équipes sont engagées et impliquées. Et nous prenons soin d'elles : plan d'épargne entreprise, primes, séminaires annuels — l'année dernière à Courchevel, cette année à Carcassonne.

Sans équipe, il n'y a pas d'entreprise. Derrière ces 34 collaborateurs, ce sont 34 familles.

Si vous deviez donner un conseil à un jeune entrepreneur du BTP ?

Le client est roi. C'est une évidence que beaucoup oublient. Sam Walton, le fondateur de l'enseigne américaine Walmart, disait que le client a le pouvoir de congédier tout le monde dans une entreprise, du dirigeant au simple ouvrier, simplement en choisissant d'aller dépenser son argent ailleurs. Si je n'ai pas de client, je n'ai pas d'entreprise : c'est aussi simple que cela.

Il faut savoir ravaler sa fierté, s'adapter et accompagner, parce qu'à la fin c'est le client qui nourrit tout le monde. Et l'ego : chaque matin quand tu te lèves, tu le mets dans le placard, et tu le retrouves le soir en rentrant. Cela s'applique face aux clients comme face aux équipes. C'est ça, être dirigeant.

Où voyez-vous Gallus dans cinq ans ?

50 millions d'euros de chiffre d'affaires et une centaine de collaborateurs. C'est notre objectif. Les équipes que nous formons aujourd'hui seront les managers de demain. Nous construisons les bases maintenant et, quand le marché repartira, parce que le bâtiment fonctionne par cycles, nous serons prêts.

Un mot pour vos équipes ?

Merci. Sans elles, nous ne serions pas là. Je ne pourrais rien faire seul. Je parle au nom de tous mes associés : merci pour votre engagement et votre implication au quotidien. Ceux qui sont là aujourd'hui seront les leaders de l'entreprise de demain.

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©Jeremy Moeung
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