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"Notre force ? Nous incarnons la stabilité."

Spécialité
Revêtements sol et mur
Ville
Guibeville (91)
Chiffre d'affaires
10 M€
Sommaire

Portrait

Nom
Alexandre et Mathieu Prudent
Entreprise
RECMA
Fonction
Dirigeants

En résumé

RECMA est une entreprise familiale spécialisée dans les revêtements de sol et mur en Île-de-France, forte de plus de 30 ans d’expérience et de 1 900 chantiers livrés. Reprise par Alexandre et Mathieu Prudent, elle s’est développée malgré les crises grâce à une organisation solide, une forte culture de l’engagement et une ambition claire : devenir un leader national du secteur.

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RECMA aujourd'hui : des références d'envergure

Comment définiriez-vous l'activité de RECMA ?

Nous sommes spécialistes des revêtements en Île-de-France. Nous avons bâti une solide réputation dans ce secteur. Historiquement, notre activité était spécialisée dans les revêtements de sol dur : carrelage et pierre. Depuis un peu plus de 4 ans, nous avons pris le virage de tous les revêtements de sol : parquet, sol souple, moquette, ce qui permet de répondre à la demande de certains de nos clients. Il nous est arrivé de perdre des dossiers du fait d'être concentrés sur un seul lot alors que certains de nos concurrents répondaient sur tous les revêtements.

Quel est votre périmètre d’activité ?

Aujourd'hui, nous intervenons uniquement en Île-de-France. Pourtant, nous avons eu notre période d'expansion : Lyon, Bordeaux, Monaco, et même l'international avec l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique et Chypre. Ces opérations ont été rentables, mais l'équation était déséquilibrée : beaucoup de déplacements, de contraintes personnelles, pour un gain final modeste. Nous avons appris de ces expériences et fait le choix de nous recentrer sur l'Île-de-France tout en diversifiant notre offre.

Crédit photo : © Basile Crespin

Pouvez-vous nous donner quelques références emblématiques ?

Nos chantiers dessinent le paysage francilien : de l’Accor Arena en passant par la Grande Arche de La Défense que nous avons rénovée deux fois, la Tour First - la plus haute de la capitale, la Philharmonie de Paris ou le complexe de Balard. Les palaces parisiens nous font également confiance : Ritz, Shangri-La. Ajoutez à cela des dizaines de gares, d'aéroports, de bibliothèques, de centres commerciaux... Plus de 1 900 opérations au compteur.

Y a-t-il un chantier qui vous a particulièrement marqué ?

L’Hexagone Balard (ensemble immobilier regroupant des états-majors des Forces armées françaises), sans hésitation. C'était la plus grosse opération jamais réalisée en France. Nous avons eu la visite de tous les ministres et du président.

Une organisation repensée et des valeurs fortes

Comment est organisée l'entreprise aujourd'hui ?

Nous sommes 21 personnes en interne. Notre particularité ? Nous n'avons plus d'ouvriers en propre depuis 7-8 ans, c'est un choix assumé. Nous travaillons avec des sous-traitants fidèles, dont 70 % sont récurrents, soit une centaine de compagnons sur nos chantiers. Plus que de simples prestataires, ce sont nos partenaires. Des gens intègres qui nous accompagnent dans les difficultés, pas uniquement pour facturer.

L'arrivée de Mathieu a permis de restructurer l'entreprise avec la création d'un poste de Directeur Administratif et Financier qui n'existait pas. Nous avons remodelé notre entreprise en trois pôles : un directeur commercial, un directeur d'exploitation qui gère toute la partie production et un directeur financier.

Pourquoi vos clients vous choisissent-ils ?

Notre force réside dans notre organisation et notre structure. Avec une équipe plus étoffée que la moyenne, nous pouvons offrir un véritable accompagnement. Dans un secteur où les entreprises naissent et meurent à grande vitesse, nous incarnons la stabilité.

Notre bilan parle de lui-même : 100 % de nos chantiers terminés. Nous n'abandonnons jamais un client et nous portons nos responsabilités jusqu'au bout.

Vous êtes particulièrement attentif aux conditions de travail de vos équipes ?

Absolument. J'ai vécu ça de l'intérieur : monter des paquets de carrelage jusqu'au huitième étage. Le soir, j'étais épuisé. C'est de cette expérience qu'est née ma conviction : mes équipes ne revivront pas ça. Aujourd'hui, nous investissons dans l'équipement : transpalettes électriques, matériel de levage pour toute manutention verticale. L'année dernière, un client refusait de prévoir ces moyens. Je suis entré en réunion avec mon conducteur, j'ai pris un paquet et je lui ai dit : suis-moi. Arrivés au troisième étage, essoufflés, je lui ai simplement demandé : tu comprends maintenant pourquoi on exige du levage ?

© Basile Crespin

Crises traversées et résilience

Vous avez traversé des périodes difficiles ?

En 2017, nous avons dû passer par un plan de sauvegarde suite à une opération d'envergure où nous avons rencontré une défaillance d'un industriel. Nous avons multiplié par trois le temps de mise en œuvre, mais nous avons porté financièrement le projet jusqu'au bout. C'est notre ADN : on va toujours au bout. Ça a été une période très difficile. Du jour au lendemain, une partie de nos clients nous a tourné le dos. Les banques, les assurances, c'était compliqué. Les fournisseurs étaient très difficiles. Heureusement, certains client, fournisseurs et sous traitants sont restés, merci à eux. Aujourd'hui, ça fait 8 ans et nous en sommes pleinement sortis.

La guerre en Ukraine a également été une épreuve ?

Un désastre. Le carrelage nécessite du gaz pour sa fabrication. L'explosion des cours a fait flamber nos coûts : 200 % d'augmentation sur certaines références, 30 % en moyenne. Or, nous travaillons sur des marchés fermes et définitifs. Résultat : très peu de clients ont accepté de partager l'effort. Nous avons porté l'essentiel. Bilan : 600 000 euros sur deux ans, entièrement assumés.

Quelle est votre plus grande fierté ?

Avoir redressé une entreprise en difficulté, c'est une vraie fierté. Trouver les solutions quand le navire prend feu, ce n'est jamais simple. L'autre réussite, c'est la transmission familiale. Mathieu a rejoint l'aventure et s'est pleinement intégré. Les clients nous ont suivis, c'est l'essentiel. Malgré les épreuves avec le plan de sauvegarde en 2017, la Covid en 2020, la guerre en Ukraine en 2022, nous sommes toujours là et rentables.

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Défis actuels et vision d'avenir

Quels sont vos défis actuels ?

Développer le lot sol souple, parquet et moquette qui représente aujourd'hui 20 % de notre activité globale. L'objectif est de l'emmener à 60 % dans 3 à 4 ans. Aujourd'hui, nous faisons une dizaine de millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Les entreprises historiques qui sont bien implantées sur Paris font environ 20 millions d'euros, dont 60 % en sol souple et parquet. On devrait facilement arriver aux 20 millions d'euros à 3-4 ans. Le vrai challenge pour nos commerciaux, c'est de nous faire connaître sur ce sujet. Historiquement, pour les gens, on fait du sol dur et de la pierre. C'est difficile de sortir de la case. Alors qu'on commence à avoir fait quelques dizaines de milliers de mètres carrés de ces revêtements. Ce secteur est beaucoup plus simple que le carrelage et la pierre, car il y a moins d'interface avec les autres sous-traitants.

Comment gérez-vous le recrutement ?

Il y aura un défi de recrutement avec le développement du chiffre d'affaires. Trouver les bonnes personnes, les conducteurs de travaux, ce n'est pas simple. On a essayé de faire appel à des chasseurs de tête, des plateformes comme Monster, ça ne marche pas. On fait jouer le réseau. La difficulté, c'est que le secteur n'est pas énorme. Trouver quelqu'un qui connaît bien le secteur des revêtements de sol n'est pas facile.

Quels sont vos principaux risques ?

La solvabilité des clients reste notre principal enjeu, surtout aujourd'hui. Nous travaillons principalement avec les grands groupes du BTP. Bouygues est notre client numéro un, avec 15 % de notre chiffre d'affaires. Nous ciblons délibérément les structures reconnues et pérennes. Les entreprises générales représentent 60 à 65 % de notre activité annuelle, le reste provient de promoteurs en direct, toujours de grandes enseignes comme Kaufman & Broad. Une quarantaine de clients B2B au compteur. Le risque est d'abord financier. Sur le plan technique, nous maîtrisons nos ouvrages. Quand nous commettons une erreur, nous la payons, mais elle ne menace pas l'équilibre de l'entreprise. Le véritable danger vient des comportements de paiement.

Comment voyez-vous le secteur aujourd'hui ?

Quand vous écoutez nos fournisseurs qui donnent la température de nos confrères dans notre secteur d'activité, c'est une véritable catastrophe. Cette année, quatre gros acteurs sont partis en redressement. Quand on les écoute, c'est noir de partout. Nous, de notre côté, nous n'échappons pas à la tendance : notre chiffre d'affaires 2025 recule de 20%. Mais en revanche, en termes de prise de commande, nous ne sommes pas trop mal. Nous avons quasiment le chiffre d'affaires pour 2026 bouclé. Nous avons 9 millions et demi de signés pour 2026. Si nous finissons à 12-13 millions, c'est très bien.

© Basile Crespin

Dans 5 ans, vous vous voyez où ?

L'objectif est clair : devenir l'un des leaders français. Pour mettre en perspective, le chiffre d'affaires moyen dans notre métier est de 3 millions d'euros. À 5 millions, vous êtes déjà un gros acteur. À 7-8 millions, une référence. Notre objectif est d'atteindre 20 millions d'euros.

Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur qui veut se lancer dans le BTP ?

Ne pas trop réfléchir. L'entrepreneuriat demande de la prévision et de l'analyse, certes. Vous pouvez passer des mois à tout calculer, à peaufiner vos business plans. Mais il arrive un moment où il faut y aller. Point. Arrêter de réfléchir et foncer. C'est ma philosophie, celle qui m'a toujours fait avancer. Sinon, vous ne faites rien. Le parcours d'entrepreneur est semé d'obstacles. Si vous vous arrêtez à chaque mur pour réfléchir... En ce moment, j'engage des garanties personnelles équivalentes à la valeur de ma maison pour obtenir un accompagnement bancaire. Si je me trompe, je perds tout ce que j'ai économisé. Les gens raisonnables me diraient que c'est trop risqué. Peut-être. Mais sans prise de risque, pas d'avancée.

Un message à faire passer à vos équipes ?

Je souhaite les remercier pour leur implication et leur fidélité. Des personnes comme Paulo et Benjamin sont avec nous depuis plus de 10 ans. Nos chefs de chantier, certains sont là depuis des décennies. Ils étaient tous présents pendant la sauvegarde, alors que c'était aussi difficile pour eux. Nous nous sommes même battus au tribunal pour les maintenir, refuser les licenciements. Nous avons écouté les recommandations du mandataire, mais nous avons gardé notre cap. C'est justement l'avantage de la sauvegarde par rapport au redressement : nous gardions la main sur nos décisions. Au-delà de nos équipes, nous souhaitons également remercier l’ensemble de nos clients, ainsi que nos fournisseurs et sous-traitants.

Une histoire de famille et de transmission

Pouvez-vous nous raconter votre parcours et comment vous en êtes arrivés à diriger RECMA ?

C'est une histoire familiale. Notre père a fondé l'entreprise en 1992. Moi, j'étais le moins bon élève à l'école, contrairement à mon frère Mathieu. Il a fallu que je m'oriente rapidement vers une carrière professionnelle et le bâtiment m'a attiré. J'ai rejoint mon père en octobre 1997 dans le cadre d'une alternance. J'ai vraiment tout fait : bureau d'études, chef de chantier, ouvrier, conducteur de travaux, chiffrage de dossiers. Je suis passé par toutes les étapes de l'entreprise avant de la reprendre en 2015.

Contrairement à moi, Mathieu n'était pas du tout dans le bâtiment. Il travaillait dans le web marketing. En 2015, mon père et moi lui avons proposé de rejoindre RECMA pour gérer notre filiale anglaise et ses chantiers. Après trois ans en Angleterre, il est revenu en France pour gérer toute la partie financière et administrative de l'entreprise, tandis que je m'occupe de la production et de l'accompagnement commercial. La transmission a fonctionné parce que les clients nous ont fait confiance et que nous formons un binôme complémentaire. Lui apporte la sagesse, moi un peu de folie parfois.

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